Blog de la section PCF de Choisy-le-Roi
Tu es en grève depuis plus de 6 semaines. Pourquoi ?
Le point de départ, ce sont les augmentations de salaires des deux patrons de GDF, Mestrallet et Cirelli : 180% d’augmentation de salaire, et des stocks options (qui leur ont finalement refusé, mais cela veut dire qu’il y’avait le budget). 43% des bénéfices de GDF sont pour les actionnaires, 7% pour les salariés, le reste pour les investissements.
Nous demandons une prime de 2500 € pour rattraper le pouvoir d’achat perdu les années précédentes, une augmentation de 10% des salaires et de meilleures possibilités d’avancement.
Nous demandons aussi la fin de l’externalisation des astreintes et des travaux de changement des réseaux. Nous tenons à garder notre connaissance des réseaux et du travail. Les entreprises privées n’ont ni la connaissance du réseau, ni l’outillage ni les habilitations requises.
Article à paraître dans "La Marseillaise", journal de la section PCF de
Choisy
Notre lutte n’est pas prioritaire dans les médias par rapport à ceux qui risquent de perdre leur emploi.
Malgré tout, l’exploitation de l’homme doit s’arrêter. Nous voulons aller vers une gestion des valeurs de chaque personne.
Aujourd’hui, on exploite toujours plus pour nourrir des actionnaires voraces, alors qu’il faut agir pour une meilleure utilisation des valeurs de chacun, pour une meilleure répartition des richesses.
Dans votre lutte, il y’a l’idée de défendre les services publics ?
Malgré le manque d’investissement dû à des choix politiques, nous devons acheminer l’électricité et le gaz même chez ceux qui sont éloignés du réseau. Il n’est pas normal que certains payent des sommes colossales pour des branchements neufs.
Nous devons fournir de l’énergie à un public de toutes catégories sociales, en prenant en compte leurs difficultés. C’est pourquoi il y’a eu les Robins des Bois ; des actions visant à remettre le courant aux personnes vivant des minima sociaux. L’énergie est vitale, au même titre que l’eau.
Des pays comme la Bolivie ont renationalisé leur secteur de l’énergie.
Enfin, le service public c’est aussi d’être présent tout le temps, comme lors des tempêtes.
Comment vis tu la crise actuelle du système capitaliste ?
La crise n’a pas touché EDF/GDF. Après une très forte augmentation, les prix du gaz n’ont baissé qu’en avril, après l’hiver. Les actionnaires se sont versés 1.3 milliards d’euros. Ils ne subissent pas la crise. Elle n’a aucun impact pour les actionnaires d’EDF.
Le Président de la République s’est dit celui du « pouvoir d’achat ». Et pourtant, il n’a pas développé le pouvoir d’achat des agents d’EDF/GDF, entreprise publique dont l’état est le principal actionnaire.
Quel est l’impact de l’UE dans le domaine de l’énergie ?
Si on continue dans le cadre du libéralisme européen, on va vers la privatisation des services publics. Si c’est pour nourrir quelques capitalistes, cela ne va pas dans le sens de l’intérêt général.
Il faut une union de la gauche, car seule une majorité de gauche en Europe pourra développer de véritables services publics à l’échelle européenne. Pour acheter du gaz, produire de l’électricité, il vaut mieux le faire à 27.
Un dernier mot ?
On n’attend plus rien des promesses d’un Président menteur ; de celui qui parlait de la règle des 3 tiers (1/3 des bénéfices pour les actionnaires, 1/3 pour les salariés, 1/3 pour l’investissement). En réalité, il appauvrit la France.
Avec la crise, de nombreuses entreprises ferment, des salariés luttent pour sauver leur emploi ? Comment vois-tu la grève à ERDF/GRDF dans ce contexte ?