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Choisy-le-Roi |
Le 16 octobre, le PCF, le NPA, le PG, ainsi que Gauche Unitaire,
République et Socialisme, les Alternatifs, la Fédération pour une Alternative Sociale, le Mouvement pour une Education Populaire et le Parti Communiste Ouvrier de France se sont rencontrés pour
la 3ème fois en vue de rechercher un accord pour les prochaînes élections régionales.
Cette discussion a fait l'objet de deux communiqués, l'un approuvé par toutes les paries à l'exception du PCF et l'autre rédigé uniquement par le PCF. Les deux communiqués sont à lire
dans cet article :
Le « relevé de discussion » du 16 octobre tel qu’il a été approuvé par l’ensemble des organisations participantes à l’exception du PCF. Ce relevé a été amendé et validé par : les Alternatifs, GU, FASE, M’PEP, NPA, PCOF, PG, R&S. Il n’engage pas le PCF qui a indiqué que tel qu’il était rédigé, il ne permettait pas, de son point de vue, un processus d’amendements qui rendrait très mal compte de son positionnement.
L’objet de cette 3ème réunion était de débattre des questions stratégiques qui peuvent
se poser en vue d’une alliance aux régionales des forces réunies au sein du groupe de travail.
Sur sa demande, il avait été convenu que le PCF aborderait le débat à partir d’un texte rédigé par lui.
Ce compte-rendu ne détaillera pas les positions exprimées par les uns et les autres. Nous renvoyons par contre aux pièces qui sont jointes soit les textes proposés par plusieurs forces en vue
de cette réunion : le PG avait choisi pour sa part d’amender le texte du PCF, le NPA, les Alternatifs, Gauche Unitaire et le M’Pep avaient produit des déclarations et/ou
contributions.
Problématique soulevée en introduction par le PCF
Le PCF a souligné en introduction que partir en campagne commune sans s’assurer de suffisamment de convergences au départ c’était le plus sur moyen de semer la désillusion ensuite. Il s’agit
donc d’éclaircir, principalement par rapport au NPA, la question du profil de nos listes. Pour le PCF, on ne peut se contenter de dire que l’on fera tout pour battre la droite en
proposant une unité de façade au 2ème tour, il faut se donner pour objectif de tout faire pour qu’émergent des majorités capables de gérer des régions sur un programme vraiment opposé au
libéralisme et à la politique de Sarkozy. C’est cela qui permettra de battre la droite. Ce qui implique d’être clair sur notre position vis-à-vis des exécutifs et le rapport au PS qu’ils
impliquent si les conditions d’y participer sont permises. Pour le PCF il n’y a pas des points séparables pour trouver un accord mais une cohérence d’ensemble à trouver.
A partir de là chaque organisation s’est exprimée au cours d’un tour de table puis le débat s’est poursuivi pendant 2 heures. Voilà, en vue de la prochaine réunion, ce que ‘on peut considérer
comme des points d’étape.
Liste autonome du PS et d’Europe Ecologie au premier tour. Le PG, qui s’exprimait juste après la présentation du PCF, explique avoir choisi de présenter sa contribution au débat en
amendant le texte du PCF parce qu’il était naturel, en tant que partenaire du Front de Gauche, de se retrouver en grande partie dans ses considérants. Donc : oui à la nécessité de proposer de
gérer les régions sur un programme vraiment à gauche en rupture avec le libéralisme et le social-libéralisme, oui pour dire que c’est le meilleur moyen pour battre la droite. Mais, à gauche, le
vrai handicap pour y arriver ne se situe pas dans les forces autour de la table, c’est la ligne d’accompagnement proposée par la direction du PS et sa main tendue au Modem, déjà concrète dans
plusieurs partielles. En conséquence, le seul moyen pour espérer parvenir aux objectifs indiqués par le PC, ce sont des listes autonomes du PS et d’Europe Ecologie au premier tour, seules à
même de changer la donne. Le PG précisant qu’il conditionnerait toute signature d’un accord national à cette condition. Gauche Unitaire indique que l’enjeu de ces élections est de
permettre l’émergence d’une gauche se situant au cœur de la gauche qui soit apte à mettre en minorité le social libéralisme et à battre la droite. Elle se prononce donc pour des listes
autonomes au premier tour avec toutes les organisations partageant un programme de rupture avec le libéralisme et le productivisme et cette ambition majoritaire.
Une fois le tour de table achevé, il s’avère que la volonté d’un accord national sur ces questions fait quasi l’unanimité. Beaucoup (PG donc mais aussi Fédération, NPA, Alternatifs, Mpep…)
précisent même qu’il s’agit d’une condition préalable à un accord. R et S partage cette position en soulignant la nécessité que le F G élargi présente des liste à vocation majoritaire notamment
concurremment au PS pour réellement battre la droite et non des listes à seule vocation de témoignage.
Toutefois, au final tout le monde s’accorde sur la nécessité d’attendre le CN du PCF du 24-25 octobre pour envisager d’acter publiquement ce point. C’est en effet à l’issue de cette
réunion que le PCF pourra faire une offre nationale en vue des Régionales, il ne peut s’engager donc avant sur cette question. Ce point sera donc reposé lors de la prochaine
réunion.
Profil des listes : Il a été beaucoup question de vocation, de profil, d’ambition majoritaire pour les mesures de rupture qu’elles porteraient. Si chacun utilise ses propres termes, nul
ne remet en question l’objectif qu’afficheraient ces listes : mettre en œuvre un programme réellement en rupture avec la droite, le libéralisme, la logique du système capitaliste et du modèle
productiviste (déjà contenu dans la déclaration du 28 septembre). Il ne s’agit pas de listes de témoignages mais d’une alliance pour changer la donne à gauche et mettre en place les conditions
pour battre la droite. Nous aborderons ces élections avec l’ambition d’être en tête des listes de gauche. Ce n’est pas impossible si on tient compte du fait que l’irruption d’Europe Ecologie
modifie déjà la situation : le PS n’arrive pas à ces élections en force automatiquement dominante.
Plusieurs interventions insistent sur la nécessité de lier notre combat électoral avec notre engagement dans les mobilisations des classes populaires ce qui permettrait à nos listes de
réduire l’abstention parmi elles. Il s’agit pour ces intervenants de la contribution la plus efficace pour battre la droite. Au terme de cette discussion, il n’apparait pas de différences
majeures sur ce positionnement. Par contre, plusieurs forces (GU, PG, FASE, ALTERNATIFS…) expliquent qu’en dernier ressort c’est le programme (sa crédibilité, sa prise en compte du
cadre régional, la nécessité de décliner des options possibles nationalement dans le cadre régional) qui déterminera le positionnement de ces listes et non des intentions. (cf dernier
point). Au final, Gauche Unitaire considère que la discussion doit encore se poursuivre pour vérifier notre volonté commune de présentation de listes à vocation majoritaire ou cherchant à créer
les conditions de majorités de gauche sur un programme de rupture avec le libéralisme et le productivisme.
Fusion démocratique, l’engagement de tout faire pour battre la droite : le principe d’une fusion avec le PS et Europe Ecologique au deuxième tour est commun à tout le monde. Il serait
démocratique c’est à dire proportionnel au score obtenu au premier tour. Le PG fait observer que cela règle la question des négociations entre deux tour en terme de positions éligibles
puisqu’effectué à la proportionnelle du résultat du premier tour. NPA, Alternatifs, FASE ? GU précisent que ces fusions ne peuvent se faire avec des listes qui intégreraient le Modem.
Exécutif, gestion des régions :
Les positions varient sur cette question mais la rencontre a permis de l’affiner y compris avec des propositions précises.
C’est la question des gestions qui est de nouveau au centre de la discussion pour être précisée. Elle était déjà formulée lors du texte adopté le 28 septembre, comme il est fait
remarquer. De même l’accord pour des fusions démocratiques, qui est une alliance de fait, pour battre la droite ne fait pas problème. Il s’agissait donc de préciser comment nous pouvons
définir nos réponses communes à une question stratégique : est-il possible et dans quelles conditions de réaliser des accords de gestion des exécutifs.
Le NPA rappelle à ce propos que dans certaines régions, en l’occurrence le Nord Pas de Calais, le PCF a décidé de ne pas se joindre à l’exécutif ce qui ne l’empêche pas de faire des
propositions et de tenter d’influer sur la gestion de la région. Il estime donc ne pas être le seul à poser ces questions.
Tout le monde est à ce stade grossièrement d’accord sur la formule suivante : aucune des forces du groupe de travail ne dit « jamais par principe », aucune ne dit « toujours ». Il n’y a donc
pas de refus de principe, dans toutes circonstances, de gérer les régions. La position du NPA se fonde sur l’analyse qu’il fait du PS tel qu’il est et des rapports de force tels qu’ils
sont.
Tous ceux qui se déclarent déjà favorables à la possibilité de mener ou participer à des exécutifs avec les autres forces de gauche le font sous conditions. Le PCF écrit clairement dans
son texte pouvoir aller « jusqu'à la participation aux exécutifs, à l'exclusion de toute participation du MODEM, si les conditions existent de mettre en œuvre ces objectifs. » (l’objectif
étant un programme « solidement ancré à gauche »). Alternatifs, PG, Fédération, Gauche Unitaire en donnent trois : le contenu, le rapport de force pour l’appliquer et l’exclusion d’accord avec
le Modem. Sur cette question GU précise que « dans tous les cas de figure, nous conserverons notre liberté d’appréciation et de vote sur toutes les mesures proposées au débat des assemblées
régionales. »
Gauche Unitaire apporte une autre précision pour la discussion : « Nous pouvons avoir entre nous des appréciations différentes sur le fait que ces conditions soient alors ou non réunies mais
cela ne peut aucunement conditionner l’accord politique permettant la présentation de liste commune de la gauche de gauche au premier tour. ». Pour les Alternatifs également, l’existence de
divergences sur le type d’accords après le deuxième tour (participation ou non à l’exécutif régional) parmi les composantes du rassemblement ne doit en aucun cas être un préalable au
rassemblement lui-même
Le PG soumet à la discussion la proposition complémentaire suivante : « cette analyse de situation s’appréciera au niveau régional, le moment venu, en tenant compte également du bilan de la
campagne électorale »
En substance, les représentants du NPA rappellent ce qui est écrit dans les propositions envoyées avant la réunion (propositions introduites, il faut le rappeler, par la phrase suivante : « Il
va de soi que les propositions ci-après ne sont bien évidemment pas globalement à prendre ou à laisser ») : « Nous nous engageons à le défendre (le programme) dans les conseils régionaux et à
le mettre en œuvre partout où le rapport de forces le permettra. Mais nous ne sommes pas prêts à brader nos idéaux, à tourner le dos aux aspirations populaires, à nos responsabilités
d'écologistes radicaux, dans un gouvernement de région dirigé par le PS tel qu’il est ». Le PG, la Fédération, les Alternatifs soulignent à ce propos qu’ils n’imaginent pas non plus de
gérer une région dirigée par un PS qui serait sur la ligne actuelle de ce parti, celui-ci se tournant d’ailleurs davantage vers le Modem que vers les forces à sa gauche.
Une des représentantes du NPA précise que, pour elle, si on admet les trois conditions que sont le contenu, le rapport de force et l’exclusion du Modem, les possibilités de participer à des
exécutifs avec le PS paraissent irréalistes.
Le NPA précise enfin de pas faire de la question des exécutifs un préalable à la poursuite de la discussion. La question des exécutifs est une conséquence du débat programmatique, pas un point
de départ.
Gauche Unitaire considère que la discussion permet d’avancer mais que pour l’instant ne se dégage pas encore de position commune concernant la participation aux exécutifs régionaux et le
conditionnement à celle ci au rapport de force, à l’absence du Modem et à la garantie que nos listes pourront mettre en œuvre les points principaux de leur programme.
Le contenu
Le PG rappelle sa position de la semaine précédente : c’est en réalité sur la question des contenus que l’on
pourra déterminer si nos listes présentent un profil majoritaire. Par exemple si nos listes présentaient des mesures propagandistes, ne se souciant aucunement de la façon de décliner des
mesures de rupture dans le cadre des régions, alors nous aurions beau répéter que nos listes sont à vocation majoritaire ce serait purement formel.
C’est donc une question préalable à régler. Le PG rappelle qu’il a déjà envoyé son Manifeste en tant que contribution au débat.
La FASE approuve et dit qu’effectivement il faudrait se mettre au travail très vite, pourquoi pas à partir du Manifeste du PG mais on peut aussi imaginer que chacune des forces pour commencer
envoie par mail les 10 ou 15 mesures phares qu’elles voudraient voir dans le programme. Il est donc proposé d’échanger par mail sans attendre la prochaine réunion.
En conclusion
Un représentant du FSQP souligne que de l’extérieur, par rapport à ce que vivent les gens dans les quartiers, au danger du populisme, nos différences ne sont pas suffisantes pour que l’on
ne se présente pas ensemble. Il estime qu’il faut maintenant avancer vers un accord sans faire de préalables.
Plusieurs interventions conviennent malgré tout de l’intérêt des trois réunions du Groupe de Travail, notamment de celle-ci qui a permis de discuter plus précisément sur les points
pouvant faire difficulté.
La représentante du PCF précise que cette discussion va être utile pour les décisions qui seront prises à son CN.
Sur les différences qui subsistent encore entre les forces du groupe de travail, le PG précise qu’elles sont bien moindres à priori qu’avec le PS ou Europe Ecologie avec lesquelles nous
annonçons tous pourtant des fusions au 2ème tour voir même, pour plusieurs autour de la table, la volonté ou la possibilité de coexister dans des exécutifs sous conditions. Nous avons
bien plus de points communs entre nous qu’avec eux si on lit nos textes : nous voulons rompre avec l’ordre dominant, nous avons l’ambition de proposer une véritable alternative et
d’exclure tout accord avec le Modem et la droite. Sans doute pas assez pour être dans un même parti mais largement suffisamment pour une alliance aux élections.
La suite
Deux autres réunions sont déjà programmées : le 28 octobre à 18h30 au siège du PCF, le 2 novembre à 19h30 au siège du NPA.
Communiqué du PCF
Le 16 octobre, nous avons participé- pour le PCF- à une rencontre à laquelle participaient : FASE ,FSQP, MPEP,NPA, PG ,PCOF,République et Socialisme, Les Alternatifs. Alors que nous n’avions pas
décidé de la rédaction d’un communiqué commun, circule actuellement un compte rendu de réunion que le PCF n’a pas validé et dont nous considérons qu’il ne rend pas bien compte de réalité du
débat.
Cette rencontre avait pour objet d’approfondir la possibilité - ou non - d’accords en vue des échéances électorales futures. Pour la préparer nous avions fait parvenir à toutes les organisations
un texte dans lequel notre opinion était développée en réaffirmant le statut de cette réunion pour nous : une confrontation permettant de verser des éléments au débat de notre Conseil national
pour construire son offre nationale .
Nous avons constaté lors de cette rencontre la persistance de désaccords de fond entre les forces en présence, notamment avec le NPA .Ils portent sur l’enjeu même des élections régionales,
l’objectif et la dynamique politique à construire pour l’atteindre. Ils portent aussi sur le statut même de ces désaccords. Alors que le PG insistait sur la possibilité de ne pas être « d’accord
sur tout » pour constituer des listes ensemble, nous réaffirmions quand à nous le besoin au contraire d’une clarté politique indispensable sur les objectifs globaux. Nous les avons ainsi décliné.
Tout d’abord notre volonté d’aboutir à des accords clairement partagés sur les objectifs politiques que nous nous fixons en commun, et que nous voulons porter en commun dans la campagne
électorale : battre la droite ; promouvoir des politiques solidement ancrées à gauche en rupture avec les logiques libérales dominantes ; créer les conditions de majorité de gestion à gauche dans
les Régions – sans aucune compromission avec le MODEM - permettant de faire avancer notre projet commun, de résister aux politiques mises en place par Nicolas Sarkozy et d’œuvrer à la
satisfactions des besoins de nos concitoyens. Nous avons ainsi fait état de l’importance que nous accordions à la liaison entre le premier et le deuxième tour pour parvenir à cet objectif et
mobiliser une dynamique populaire permettant de l’atteindre. Le NPA a exprimé une approche profondément différente en affirmant qu’ « aucun accord de gestion n’était possible avec le PS » ou que
qu’il était « possible de faire des choses sans être dans les majorités de gestion ». Parlant tantôt de « fusion technique », tantôt de rapport de forces possibles avec des scores à 10%, le NPA
réaffirmait sa volonté de s’en tenir à un accord pour le premier tour sans prise de position claire sur le second. Des représentants de Socialisme et République ou du MPEP ont quand à eux partagé
notre opinion sur la nécessité d’énoncer un objectif politique pour le second tour dès avant l’élection. Quand au PG, il a souhaité banaliser ce désaccord en proposant d’en débattre entre les
deux tours.
Appelant les participants à un minimum de réalisme nous avons pour notre part rappelé l’impossibilité de régler les débats de fond entre les deux tours (les fusions devant s’opérer en moins
de 24H) non « réglés au préalable ». Ainsi loin de se situer sur la seule participation aux exécutifs, le différent porte sur le projet politique lui-même .Ce qui nous a amené à demander de la
clarté sur ce dernier avant de pouvoir aller plus loin en faisant part du dégât produit par le passé dans l’électorat de listes où plusieurs opinions se faisaient entendre sur des sujets de fond.
Nous avons donc invité à la poursuite de la discussion de fond sur l’objectif même des élections en proposant aux participants que la prochaine rencontre se fasse après notre conseil national et
que nous y versions notre offre nationale comme élément à débattre.