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Vendredi 21 novembre 2008 5 21 /11 /2008 18:13

Ce débat, organisé à l’initiative du PCF, a rassemblé une cinquantaine de participants pour plus de deux heures de discussions avec Pierre Ivora, économiste, et Serge Hulot, responsable PCF.

Voici un résumé (tout personnel) de l’intervention de Pierre Ivora :

Le capitalisme est en crise, nul ne le nie plus, y compris parmi ses plus ardents défenseurs. Cette crise appelle à une réflexion nouvelle pour pouvoir dépasser le capitalisme, que Pierre Ivora tourne autour de trois axes :

·       Etre alter mondialiste, autrement,

·       Un renouveau de l’intervention publique,

·       Etre créatif.

Etre altermondialiste autrement

On peut remonter les origines de la crise à la fin des années soixante et à la montée du chômage. Les réponses à cette montée du chômage ont façonné la finance moderne : En 1971, le gouvernement américain décide le décrochage du dollar face à l’or. En 1976, ils sont suivis par l’ensemble des grands pays capitalistes, qui laissent flotter leur monnaie. En 1979, les USA augmentent fortement leur taux d’intérêt et entament une déréglementation massive. Ils sont suivis dans le milieu des années 1980 par l’ensemble des grands pays capitalistes. Dès lors, les premières pierres de la crise sont posées :

·        Les taux d’intérêts élevés, supérieurs à la croissance, favorisent les revenus du capital et les rentiers par rapport aux revenus industriels, aux salaires. La déréglementation favorise les investissements dans la finance. Tout ceci créée une suraccumulation de capitaux.

·        Ce système a été viable pendant des décennies car l’économie mondiale était basée sur le dollar. Le monde entier a financé les USA qui ont vécu à crédit et accumulé les capitaux, tandis qu’il y’avait une augmentation du chômage, de la précarité et une croissance relativement faible.

Le mouvement alter-mondialiste s’est jusqu’à présent peu intéressé aux mécanismes financiers, se concentrant sur le monde industriel. Sa vision est parfois daté, souvent déformé, peu en phase avec la réalité financières du capitalisme moderne. Le capitalisme n’est pas tant la « propriété privée des moyens de productions », qui existait sous d’autres formes dans le féodalisme ou l’esclavage, que la création d’un système bancaire.

Ceci nous pose la question de quelle Banque Mondiale ? Quel rôle pour le FMI ?

 

Intervention publique.

L’état a investit 360 milliards d’euros pour sauver le système bancaire. Et ce, pour quoi faire ? Quelle efficacité aura cette intervention pour lutter contre le chômage, rétablir du pouvoir d’achat ?

La proposition des communistes est de définir des critères de l’intervention publique, selon l’efficacité sociale de la mesure.

Le crédit est au cœur du système économique. L’encours du crédit en France est de 1 800 milliards d’Euros, soit 5 fois le budget de l’état (350 milliards d’euros). Agir sur le crédit, c’est agir au cœur du système économique. Aussi, les communistes envisagent de mettre en place une sélectivité du crédit : des taux d’intérêts faible pour un investissement efficace socialement (création de richesse, d’emploi), des taux d’intérêts élevés pour un investissement inefficace socialement (achat et fusion d’entreprises destructrices d’emploi, spéculation boursière par exemple).

Pour cela, il faut la création d’un pôle financier publique, qui s’appuierait sur la Caisse des Dépots et Consignations, sur les caisses d’épargnes et sur les grandes entreprises nationalisées). Car les banques disposent d’un pouvoir très important : la création de monnaie. Une création de monnaie peut être bénéfique si elle entraîne une création de richesse dans l’économie « réelle », sinon, elle conduit à l’inflation.

Etre créatif

Les communistes ont des propositions concrètes face à la crise.

 

Les régions, très majoritairement dirigées par la gauche, peuvent dès à présent mettre en place des Fonds Régionaux, offrant des crédits sélectifs aux entreprises.

Par l’intermédiaire du pôle publique cité plus haut, l’état français peut lui aussi mettre en place ce crédit sélectif.

Mais c’est surtout la Banque Centrale Européenne, qui prête aux banques qui est la mieux à même de mettre en œuvre cette mesure. Car ce sont les Banque Centrale qui prêtent aux banques et qui peuvent créer de la monnaie. En ayant un taux directeur non pas fixe mais des taux directeurs sélectifs selon la nature du prêt, la Banque Centrale Européenne peut guider les politiques de prêt des banques sans même qu’il soit nécessaire de les nationaliser.

Et adossé au crédit sélectif, la création de monnaie peut être un levier formidable. Une création de monnaie qui ne créée pas de richesse dans l’économie réelle amène à de l’inflation. Mais une création de monnaie pour un prêt qui créée de la richesse dans l’économie réelle ne créée aucune inflation. Au contraire, cette augmentation de la masse monétaire reflète la réalité de l’augmentation de la richesse du pays. Combiné au crédit sélectif, la création de monnaie peut être un levier efficace, puissant et non créateur d’inflation.

Par Laurent MELY - Publié dans : A Choisy
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